Ressource pour les journalistes d'Afrique francophone

Pilier III · Éthique — Leçon 31 sur 52

Protéger ses sources

Certaines informations d'intérêt public ne parviennent au public que par un chemin : quelqu'un qui prend un risque en parlant. Le fonctionnaire qui photographie le contrat truqué, l'infirmière qui décrit les stocks détournés, le soldat qui raconte l'ordre illégal. Sans protection, pas de confiance ; sans confiance, pas d'information : la protection des sources n'est pas une courtoisie du métier, c'est son infrastructure. Voilà pourquoi on l'appelle, à juste titre, la pierre angulaire de la liberté de la presse.

Extrait de la leçon

La règle d'or tient en une phrase : une promesse d'anonymat, une fois donnée, est absolue. Pas « sauf si mon rédacteur en chef insiste ». Pas « sauf devant un juge ». Des journalistes, sous toutes les latitudes, ont préféré la prison à la trahison d'une source — c'est le prix affiché de la promesse, et il faut le connaître avant de la faire.

D'où le corollaire : ne promettez pas à la légère. L'anonymat se mérite, en trois questions. L'information est-elle d'intérêt public réel ? La source court-elle un risque véritable (licenciement, poursuites, violences) en parlant à découvert ? L'information est-elle vérifiable autrement — documents, recoupements (Leçon 28) ? Si l'anonymat sert à lancer une attaque invérifiable sans en payer le prix, la réponse est non : vous n'êtes pas un paravent.

Exemples et illustrations

L'histoire du continent a payé pour établir cette doctrine. Souvenez-vous de Norbert Zongo (Leçon 8) : son assassinat visait, au-delà de l'homme, tous ceux qui auraient pu parler après lui. À l'inverse, chaque grande enquête africaine — Congo Hold-up en tête (Leçon 15) — n'a existé que parce que des lanceurs d'alerte ont fait confiance à des journalistes, et que cette confiance a été honorée. La PPLAAF, plateforme dédiée à la protection des lanceurs d'alerte africains, s'est bâtie précisément sur ce constat : protéger celui qui parle est la condition de tout le reste.

La leçon complète — cinq pages d'exposé, d'exemples africains et de mise en pratique — figure dans le manuel.

À vous de jouer

  1. Rédigez, dans vos mots, votre « contrat verbal » type : comment expliquerez-vous à une source le on, le off et l'entre-deux, en trente secondes, avant tout entretien sensible ?
  2. Auditez votre téléphone : où les noms de vos sources apparaissent-ils en clair (contacts, notes, messages) ? Installez une messagerie chiffrée et établissez votre règle de nettoyage.
  3. Cas pratique : une source vous offre un document explosif mais refuse l'anonymat par bravade, sans mesurer le danger. Écrivez le dialogue : comment l'informez-vous des risques sans la décourager de parler ?
Couverture du manuel

Lire la leçon en entier

Cette leçon est l'une des 52 du manuel La Pratique du métier de journaliste en 52 leçons — 7 paragraphes d'exposé et d'exemples, plus les exercices.

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