Le reportage : faire voir, faire entendre, faire vivre
Préparer le terrain, recueillir des scènes et faire entendre des voix. Le reportage raconte ce que le travail sur place permet de voir.
L’essentiel
Ce que le reportage n'est pas
Définissons aussi par la négative. Le reportage n'est pas un monologue du journaliste. Pas un compte rendu : le compte rendu rapporte, le reportage raconte.
Et retenez la règle des 80 % : un récit dont au moins quatre cinquièmes des informations ne viennent pas du terrain n'est plus un reportage — c'est un article d'ambiance écrit au bureau.
Partir équipé
Un reportage se prépare. Avant de partir : se documenter — quelques rapports, les articles déjà publiés —, mais sans excès, car un reportage écrit à l'avance dans la tête du journaliste n'en est plus un ; identifier et localiser précisément l'événement, pour s'épargner temps perdu et stress ; repérer des contacts — amis d'amis, confrères, experts, institutionnels ; informer sa rédaction ; et assurer sa tranquillité matérielle : stylos, carnets, micro, batteries.
Le reporter démuni sur le terrain fait de la figuration, pas du journalisme.
Le réflexe à emporter
Au retour, cherchez dans vos notes une scène, une voix et un détail précis. S’il ne reste que des déclarations officielles, identifiez ce qui manque encore au terrain pour faire voir et entendre votre sujet.
À vous de jouer
Classez les cinq derniers reportages que vous avez lus, vus ou entendus : chaud, tiède, froid ou magazine ? Pour chacun, notez ce qui trahit sa température.