Corriger ses erreurs, rendre des comptes
Reconnaître, corriger, expliquer et apprendre. Une correction visible peut renforcer le lien de confiance avec le public.
L’essentiel
Quatre verbes
Reconnaître : l'erreur signalée se vérifie immédiatement, sans réflexe défensif — celui qui vous corrige vous rend service. Corriger : vite, et au même endroit — une erreur en une ne se répare pas par deux lignes en page douze ; en ligne, on corrige l'article et on le signale, car la correction furtive, qui efface sans l'avouer, est une seconde faute. Expliquer : dire ce qui était faux et ce qui est exact, sans jargon d'excuse (« des imprécisions ont pu se glisser… ») — nommez l'erreur. Apprendre : d'où venait-elle ? Source unique ? Chiffre non recalculé ? Relecture sautée ? Une rédaction qui archive ses erreurs se vaccine.
Le paradoxe de la crédibilité
Corriger visiblement renforce la crédibilité. Le public ne croit pas les médias qui ne se trompent jamais — il n'en existe pas. Il croit ceux qui se corrigent honnêtement. La rubrique des corrections n'est pas le mur de la honte ; c'est le certificat d'honnêteté de la maison. À l'inverse, l'erreur niée, maintenue par orgueil, transforme une faute vénielle en preuve de mauvaise foi.
C'est la mauvaise foi, jamais l'erreur, qui tue un média.
Le réflexe à emporter
Gardez la version de la correction, sa date et la cause de l’erreur. Partagez la leçon utile avec la rédaction : une étape de vérification ajoutée au bon endroit protège davantage qu’une simple invitation à faire attention.
À vous de jouer
Retrouvez une erreur publiée — la vôtre ou celle de votre média. Rédigez la correction modèle en quatre lignes : ce qui était écrit, ce qui est exact, sans détour ni jargon d'excuse.