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Pilier II · Outils — Leçon 25 sur 52

Attaques et chutes : commencer fort, finir juste

Deux moments décident du sort d'un article : sa première phrase et sa dernière. L'attaque décide si on vous lira ; la chute décide de ce qu'on retiendra. Entre les deux, tout se joue aussi — alors posons d'abord les règles d'écriture qui portent l'ensemble.

Extrait de la leçon

Choisissez un plan et respectez-le — tout projet d'écriture commence par là (Leçon 24). Un paragraphe, une idée : ni trop long ni trop court, chaque paragraphe est une unité. Utilisez la forme active, directe et vigoureuse ; la passive endort. Formulez au positif : la forme négative ne sert que l'opposition ou l'antithèse. Préférez le précis et le concret : des mots qui rappellent des images — c'est ainsi qu'on garde l'attention. Écartez les mots inutiles : aucune phrase ne devrait contenir de mots inutiles, aucun paragraphe de phrases inutiles. Méfiez-vous des subordonnées en cascade. Et cette règle d'or, trop peu enseignée : les mots les plus importants se placent au bout de la phrase — c'est là que l'œil s'arrête, là que l'oreille retient.

Armé de ces règles, venons-en à l'attaque. Sa mission n'est pas de résumer : c'est de saisir. Une scène, un fait brut, une tension — et le lecteur est à bord. Son ennemi mortel : le préambule administratif (« Dans le cadre de la mise en œuvre de… ») qui annonce l'article au lieu de le commencer.

Exemples et illustrations

Étudions une attaque de légende, parue dans le New York Times du 4 février 2015, au lendemain d'une catastrophe ferroviaire. Le paragraphe tient en deux phrases. La première, qui semble interminable, s'élance d'un souffle, comme incapable de s'arrêter : le train bondé traversant le comté de Westchester à l'heure exacte des embouteillages du soir, le véhicule à l'arrêt sur les rails, le choc, l'explosion, les sept morts, la douzaine de blessés, les centaines d'évacués — tout embarqué dans une seule phrase lancée à pleine vitesse. À l'évidence, l'intention est de rendre, dans la forme même de la phrase, la tragédie qu'elle rapporte : un train lancé, manifestement incapable de s'arrêter, qui cause la mort. Puis la deuxième phrase tombe, coup de frein brutal et sec : c'était l'accident le plus meurtrier de l'histoire de ce réseau. Elle sonne comme le fracas final. En un paragraphe, le lecteur refait mentalement le parcours à bord du train fou — et la deuxième phrase le laisse sonné.

La leçon complète — cinq pages d'exposé, d'exemples africains et de mise en pratique — figure dans le manuel.

À vous de jouer

  1. Reprenez trois de vos articles. Supprimez le premier paragraphe de chacun. L'article commence-t-il mieux au deuxième ? (C'est fréquent — et instructif.)
  2. Écrivez l'attaque d'un même événement en deux versions : une phrase longue qui embarque, puis une phrase courte qui frappe — à la manière du New York Times ci-dessus. Lisez à voix haute pour entendre le rythme.
  3. Collectionnez cette semaine cinq chutes remarquables dans vos lectures et écoutes. Pour chacune : scène, citation ou détail ? Ferme-t-elle l'angle ou moralise-t-elle ?
Couverture du manuel

Lire la leçon en entier

Cette leçon est l'une des 52 du manuel La Pratique du métier de journaliste en 52 leçons — 6 paragraphes d'exposé et d'exemples, plus les exercices.

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