Racontez, ne récitez pas
Organiser des faits vérifiés en récit, avec des personnages, une structure et une tension. Raconter sans inventer ni enjoliver.
L’essentiel
Raconter n’est pas enjoliver
Soyons clairs : raconter n'est pas enjoliver, encore moins inventer. C'est organiser des faits vérifiés de manière à ce qu'ils captivent. L'être humain semble attiré par les récits depuis toujours ; le journaliste qui l'ignore travaille contre son public.
Comment écrire des récits captivants ?
Première règle : chaque sujet contient sa propre structure. Robert Krulwich, reporter du réseau américain ABC qui a couvert aussi bien la pandémie du sida que le hip-hop ou la guerre en Bosnie, le dit joliment : le sujet est comme un bloc de pierre qui contient déjà sa statue. Le travail du journaliste est de la trouver. Parfois elle saute aux yeux : une chronologie, un duel, une énigme. Parfois il faut tourner longtemps autour du bloc.
Deuxième règle : une histoire a besoin de personnages, pas seulement d'institutions. « Le ministère de la Santé » ne fait pas battre les cœurs ; l'infirmière de garde qui manque de gants, si. Troisième règle : une tension. Toute bonne histoire pose une question — que va-t-il se passer ? comment est-ce possible ? — et fait attendre la réponse.
Le réflexe à emporter
Avant d’écrire, nommez le personnage, la tension et le fait qui la prouve. Si l’un manque, retournez aux notes ou au terrain. Une scène ne dispense jamais de vérifier les faits qu’elle met en lumière.
À vous de jouer
Prenez un de vos articles récents construit en simple accumulation de faits. Réécrivez le premier tiers en ouvrant sur une scène ou un personnage. Comparez les deux versions.