Une initiative d’André-Michel EssoungouEn français et en anglais
journalisme
africainApprendre. Vérifier. Transmettre.
Fondements / Leçon 10

À qui parlez-vous ?

Identifier le public réel auquel on s’adresse. Ce que vous expliquez, et ce que vous laissez implicite, révèle votre lecteur imaginaire.

3 min de lectureAdaptation pédagogique du manuel

L’essentiel

Le rédacteur en chef fictif

Formés sur la base de manuels importés, nourris de grands médias internationaux, beaucoup de journalistes sur le continent écrivent — sans même s'en rendre compte — pour un rédacteur en chef occidental installé dans un coin de leur tête. C'est lui qu'on cherche à impressionner ; c'est pour lui qu'on explique ce que tout lecteur de Douala sait déjà, et qu'on néglige ce que ce même lecteur meurt d'envie de comprendre.

Voici le test le plus révélateur : regardez ce que vous expliquez. Ce que vous définissez dans un article dit exactement qui vous imaginez en train de le lire. Si vous écrivez « le gombo, plat populaire d'Afrique centrale » pour un public camerounais, votre lecteur imaginaire n'est pas camerounais. À l'inverse, si vous lâchez « la CEMAC » sans un mot pour le lecteur ordinaire, vous n'écrivez plus pour le public mais pour les initiés.

D'où le principe qui gouverne ce livre entier : le public d'abord — votre public réel. Servez-le, lui. Les prix internationaux et les reprises à l'étranger viendront, ou pas ; ils sont un sous-produit, jamais la cible.

Le réflexe à emporter

Imaginez une personne réelle qui vous lira. Que sait-elle déjà ? Quel terme faut-il expliquer ? Quelle conséquence concrète l’intéresse ? Ces trois réponses valent mieux qu’un public abstrait supposé tout connaître ou ne rien savoir.

À vous de jouer

Prenez votre dernier article. Surlignez tout ce que vous avez expliqué et tout ce que vous avez supposé connu. Verdict : qui était votre lecteur imaginaire ? Est-ce votre lecteur réel ?

Mes notes de lecture

Vos notes restent sur cet appareil. Elles ne sont pas envoyées au site.