L'éditorial : quand le journal prend position
Quand le journal prend position, sa responsabilité est collective. Un fait déclencheur, une argumentation et une position claire donnent le cap.
L’essentiel
Trois conséquences pratiques
L'anonymat fréquent : souvent non signé, ou signé du directeur de la publication, l'éditorial parle d'une seule voix pour toute la maison — c'est pourquoi, dans les grandes rédactions, il se discute collectivement avant d'être écrit. La gravité du ton : pas de plaisanteries de billet ni de coquetteries de chroniqueur ; on argumente, on pèse, on conclut. La responsabilité maximale : une erreur dans un éditorial n'abîme pas un journaliste, elle abîme le journal.
D'où une règle d'économie que les meilleures maisons respectent : l'éditorial se mérite. Un journal qui éditorialise sur tout ne pèse sur rien ; celui qui réserve sa voix institutionnelle aux grandes occasions transforme chaque prise de position en événement.
Une structure en trois temps
La structure type est d'une sobriété militaire : le fait qui motive la prise de position ; l'argumentation — y compris l'examen honnête des objections ; la position, nette, sans échappatoire.
Un éditorial qui ne conclut pas est une fuite en colonnes.
Le réflexe à emporter
Distinguez sur votre brouillon le fait déclencheur, l’objection la plus sérieuse et la position défendue. Si la conclusion pourrait convenir à n’importe quel événement, elle manque encore de précision et de responsabilité.
À vous de jouer
Trouvez trois éditoriaux récents de journaux africains. Pour chacun : le fait déclencheur ? Les objections examinées ? La position finale est-elle nette, ou le texte se défile-t-il ?