La tribune libre : l'op-ed, mode d'emploi
Défendre une idée avec des faits, répondre aux objections et proposer une action. La tribune ne se contente pas d’exprimer une humeur.
L’essentiel
La mécanique en cinq temps
Saisissez un enjeu que vous connaissez vraiment — ne trichez pas, on s'en apercevra — et de préférence durable. Identifiez le problème précis qui, dans cet enjeu, menace le public : focalisez, focalisez, focalisez. Frappez d'entrée : l'op-ed n'est pas une dissertation qui se déroule lentement vers sa conclusion — c'est l'inverse. Vous énoncez votre conclusion d'abord, en une affirmation forte d'environ vingt-cinq mots, puis vous passez le reste du texte à la défendre. Défendez : 500 à 700 mots au total, des faits et des chiffres qui servent directement votre affirmation, des sources tierces — études, documents, déclarations — et de l'émotion. Proposez une solution, claire et audacieuse : esquivez-la et vous perdez votre lecteur.
Le ton
Personnel et conversationnel, tranché sans être outrancier — soyez la voix de la raison, avec, comme disent les Anglo-Saxons, du feu dans le ventre. Verbes actifs, phrases courtes, zéro jargon.
Les faits donnent des raisons d'être d'accord ; l'émotion donne l'envie d'agir.
Le réflexe à emporter
Écrivez d’abord votre proposition, puis posez cette question : qui doit faire quoi ? Remplacez les vœux généraux par une action compréhensible et reliez chaque argument à la solution que vous défendez.
À vous de jouer
Trouvez deux tribunes publiées cette semaine. Pour chacune : l'affirmation d'ouverture tient-elle en 25 mots ? Où est la solution proposée ? L'émotion sert-elle les faits, ou les remplace-t-elle ?