Écrire pour l'oreille
Écrire des phrases que l’on peut dire et comprendre en une seule écoute. Les mots, le ton et le souffle travaillent ensemble.
L’essentiel
Écrire pour une seule écoute
Paul de Maeseneer rappelle une évidence exigeante : la radio passe par la parole. Épargnez à l’auditeur le style littéraire. Préférez le présent lorsque le récit s’y prête, des verbes actifs et des mots qui évoquent des images concrètes.
L’auditeur ne peut pas revenir en arrière comme un lecteur. Évitez les ambiguïtés et les subordonnées en cascade. Les adverbes et les adjectifs ne doivent pas masquer l’action. Si une phrase est difficile à dire, pompeuse ou confuse, changez-la.
La voix, le ton, le souffle
Vous n’avez pas à imiter une voix réputée radiophonique. Votre personnalité compte, et un accent emprunté sonne faux auprès du public auquel vous vous adressez.
Distinguez le ton public, forcé devant une foule, le ton intime des secrets et le ton personnel d’une conversation entre amis. C’est ce dernier que recherche la radio : direct et naturel.
En français, l’accent tonique porte sur la fin du groupe rythmique. Préservez votre souffle jusqu’à la dernière syllabe : l’information ne doit pas disparaître à l’endroit où la voix tombe. Ce qui n’est pas compris à la première écoute est perdu.
Le réflexe à emporter
Chronométrez une lecture naturelle. Là où vous butez, simplifiez ; là où le souffle manque, coupez. Demandez à quelqu’un de restituer l’information après une seule écoute : ce qu’il n’a pas compris doit être repris.
À vous de jouer
Prenez un de vos articles écrits et réécrivez-le pour la radio : présent de l'indicatif, verbes actifs, zéro subordonnée, mots-images. Lisez les deux versions à voix haute — l'oreille jugera.