Attaques et chutes : commencer fort, finir juste
Commencer par ce qui saisit, finir par ce qui reste. Les premières et dernières phrases méritent une relecture à part.
L’essentiel
Les règles qui portent tout
Choisissez un plan et respectez-le (Leçon 24). Un paragraphe, une idée. Utilisez la forme active, directe et vigoureuse ; la passive endort. Formulez au positif : la forme négative ne sert que l'opposition ou l'antithèse. Préférez le précis et le concret : des mots qui rappellent des images. Écartez les mots inutiles. Méfiez-vous des subordonnées en cascade. Et cette règle d'or, trop peu enseignée : les mots les plus importants se placent au bout de la phrase — c'est là que l'œil s'arrête, là que l'oreille retient.
L'attaque et la chute
L'attaque n'a pas pour mission de résumer : elle doit saisir. Une scène, un fait brut, une tension, une question — et le lecteur est à bord. Son ennemi mortel : le préambule administratif (« Dans le cadre de la mise en œuvre de… ») qui annonce l'article au lieu de le commencer.
La chute, elle, ferme l'angle. Comme pour l'attaque, un plan rapproché vaut mieux qu'une vue d'ensemble : une scène, une citation percutante, le détail important. Elle n'est pas la morale de l'histoire — épargnez au lecteur le paragraphe-sermon. Elle peut ouvrir vers un autre sujet : la meilleure chute est souvent une porte entrouverte.
L'attaque décide si on vous lira ; la chute décide de ce qu'on retiendra.
Le réflexe à emporter
Relisez seulement la première et la dernière phrase. La première donne-t-elle envie de savoir ? La dernière ferme-t-elle l’angle ? Supprimez les formules de lancement et les conclusions qui répètent ce que le lecteur vient de comprendre.
À vous de jouer
Reprenez trois de vos articles. Supprimez le premier paragraphe de chacun. L'article commence-t-il mieux au deuxième ? (C'est fréquent — et instructif.)