Équilibre, impartialité, honnêteté
Être juste envers les personnes et exigeant envers les faits. L’équilibre ne consiste pas à donner une valeur égale à toutes les affirmations.
L’essentiel
Combien de vérités ?
Posez-vous la question à chaque débat : y a-t-il seulement deux facettes, deux versions ? Il est souvent plus fécond d'envisager trois ou quatre points de vue au lieu de deux. Le « pour ou contre » est la paresse de l'équilibre.
Et lorsqu'un débat semble vraiment se résumer à deux positions opposées, seconde question : ces positions ont-elles une valeur égale ? Le réchauffement climatique est un fait scientifiquement établi ; certains le contestent encore. Accorder cinquante-cinquante à un consensus scientifique et à sa négation, ce n'est pas de l'équilibre : c'est de la fausse équivalence. L'équilibre s'applique aux opinions en débat, pas aux faits établis.
Juste envers les personnes
L'impartialité ne signifie pas l'absence de conclusions — elle signifie des conclusions gagnées par la preuve, non apportées d'avance. Le journaliste qui documente un détournement n'a pas à « équilibrer » son enquête par un éloge du détourneur ; il lui doit le contradictoire (Leçon 15) — sa version, pas son absolution.
L'honnêteté, enfin, est la face intime de l'équilibre : le courage d'inclure le fait qui dérange votre angle. Et dites au lecteur ce que vous ne savez pas : « nous n'avons pu vérifier… », « le ministère n'a pas répondu… ».
Soyez juste envers les personnes, jamais neutre envers les faits.
Le réflexe à emporter
Cherchez le fait qui résiste à votre angle. S’il est pertinent et établi, faites-lui une place. Présentez les réponses aux accusations et signalez au lecteur les vérifications restées impossibles, sans leur donner valeur de preuve.
À vous de jouer
Prenez un débat qui agite votre pays. Listez non pas deux, mais quatre positions distinctes en présence, avec pour chacune son meilleur argument. Lesquelles les médias ignorent-ils ?