Construire sa marque : le journaliste comme média
Rendre son travail visible et formuler des sujets qui donnent envie d’enquêter. Portfolio, cohérence et pitch servent une spécialité.
L’essentiel
Le portfolio et la cohérence
Le portfolio. Un lieu unique — site simple, page dédiée — où vos cinq à dix meilleurs travaux sont accessibles en deux clics, classés, à jour. Pas vos cent articles : vos meilleurs. Le rédacteur qui vous découvre décide en trois minutes ; votre portfolio est ce que ces trois minutes rencontrent.
La cohérence. Vos comptes sont votre vitrine (Leçon 37), votre newsletter votre organe (Leçon 43) ; votre marque, c'est l'ensemble — tenu par une spécialité. Le journaliste « connu pour quelque chose » (l'énergie, la justice, la tech sahélienne — vos dossiers de la Leçon 22) reçoit les appels que le généraliste attend toute sa vie.
Le pitch
Une marque grandit en plaçant des sujets. Comprenez d'abord la psychologie de l'éditeur : il est pressé, inquiet pour son audience, à l'aise dans les schémas connus, récompensé au clic, puni au risque. Son architecture tient en six éléments : l'accroche (pourquoi maintenant ?), l'enjeu (que perd-on si l'histoire n'est pas racontée ?), l'accès (qu'avez-vous que les autres n'ont pas ?), l'audience (qui lira, et pourquoi ?), le visuel (à quoi cela ressemble-t-il ?), l'impact (que change la publication ?). Deux cent cinquante mots suffisent — s'ils contiennent ces six réponses.
On ne vend pas un sujet contre les préoccupations de l'éditeur : on le vend à travers elles.
Le réflexe à emporter
Sélectionnez cinq travaux qui montrent votre spécialité et votre méthode. Pour chacun, indiquez votre rôle et le lien de publication. Votre prochain pitch doit permettre à l’éditeur de voir le sujet, son intérêt et votre accès au terrain.
À vous de jouer
Montez votre portfolio cette semaine : vos huit meilleurs travaux, une bio de cinq lignes qui dit votre spécialité, un contact visible. Un inconnu comprend-il en trois minutes qui vous êtes et ce que vous valez ?